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Entrevue avec Sylvain Paquette

Le deuxième invité de notre série de témoignages sur l'expérience dans les demandes de subventions est Sylvain Paquette, professeur en aménagement et titulaire de la Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal. Il nous parle de son parcours dans les demandes de subventions et donne des conseils aux jeunes chercheurs.

Pouvez-vous résumer vos sujets de recherche en quelques mots?

À partir de la perspective de la sociologie du paysage, je m’intéresse dans plusieurs de mes recherches à documenter les formes variées de valorisation sociale entretenue envers les paysages. C’est une stratégie de recherche qui permet de mieux comprendre les multiples demandes sociales envers le paysage et de porter un éclairage nouveau sur les dimensions sensibles du territoire associées à certains enjeux d’aménagement que ce soit en milieux urbains, périurbains ou ruraux. À titre d’exemple, un enjeu peut émerger lorsque les transformations du paysage menacent l’intégrité d’un cadre de vie, d’un point de vue, d’un milieu naturel, ou bien mettent en péril la pratique d’une activité ou limitent la fréquentation d’un lieu. Évoluant souvent dans des contextes de recherche-action menée en partenariat avec les milieux publics, parapublics, privés ou associatifs, je suis impliqué par le fait même dans l’élaboration d’outils de connaissance des paysages tout autant que dans la mise en œuvre de stratégies de gestion des paysages pour des fins de protection, de mise en valeur ou de développement des territoires.

Quelle a été la première demande de financement que vous avez obtenu à titre de chercheur principal? Avez-vous connu beaucoup d'échecs avant de l'obtenir?

C’était une demande au CRSH dans le cadre du programme de subventions ordinaires de recherche, l’équivalent aujourd’hui des subventions Savoir. Il s’agissait d’un projet de recherche où l’on expérimentait de nouvelles approches de caractérisation sociale des paysages pour un territoire périurbain de la métropole montréalaise. J’ai dû m’y prendre à deux reprises pour obtenir ce financement. Les commentaires obtenus suite à la première soumission du projet ont été très constructifs pour me permettre de repositionner ma demande au concours suivant.

Vous estimez votre taux de succès à ? (ndlr: nombre de demandes financées par rapport au nombre de demandes soumises)

C’est une question difficile, car le taux de succès peut varier de manière importante selon les programmes de subvention. Au cours des 10 dernières années, j’ai obtenu globalement du financement une fois sur deux, mais pour certains types de programmes, c’est plutôt trois demandes soumises pour un financement accordé. Au cours de la dernière décennie, nous avons connu des périodes de compression dans le financement de la recherche, tant au fédéral qu’au provincial, ce qui a eu des effets directs sur les taux de succès de certains programmes de subventions. Par-delà les demandes de subvention aux principaux conseils de recherche, j’ai obtenu des financements réguliers pour soutenir des projets de recherche appliquée réalisés avec divers partenaires, ce qui m’a permis de maintenir un rythme de recherche assez soutenu.

Quelle subvention a été un tournant et a propulsé votre carrière?

Dans mon cas, c’est moins un projet de recherche en particulier, que le fait d’avoir été associé dès mon engagement à l’équipe de la Chaire en paysage et environnement (CPEUM). La CPEUM a été un tremplin pour ma carrière en recherche, et en particulier la possibilité offerte de travailler avec les chercheurs séniors de cet organisme. Ce contexte de recherche m’a permis de considérer rapidement les nombreux défis qu’a à relever un jeune chercheur, tant sur le plan des démarches de financement (contrats et subventions de recherche), de la direction d’étudiants, du développement de partenariats de recherche, que sur le plan de la valorisation des résultats de la recherche.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes chercheurs pour obtenir du financement?

Avant même d’entamer la rédaction de la demande, il est bien de solliciter les conseils de collègues qui ont obtenu récemment une subvention au programme visé. Dans certains cas, on pourra même vous permettre de consulter une demande qui a été financée pour vous aider à bien comprendre les attentes du programme. Il peut arriver également qu’un ou qu’une collègue ait siégé à un comité d’évaluation de demandes de subvention. Il ou elle sera bien placé.e pour vous éclairer sur les stratégies les plus appropriées afin de présenter votre projet. Sur le plan de la rédaction, il est important d’adopter un langage clair et précis et de ne pas laisser trop de place à l’interprétation au moment où les évaluateurs se pencheront sur votre demande. Il faut préparer sa demande à l’avance en débutant par la description du projet. Toutefois, il nécessaire de porter une attention particulière à toutes les sections (ex. : retombées, formation, budget, mobilisation des connaissances) afin de donner une cohérence forte à l’ensemble du projet. Enfin, si l’on fait face à une réponse négative (ex. : projet recommandé, mais non financé) c’est un moment clé pour réévaluer sa stratégie et améliorer les aspects qui ont fait l’objet de critique. Le BRDV est souvent là pour nous accompagner dans cette réflexion.

Merci au professeur Sylvain Paquette d'avoir répondu à nos questions. Pour plus d'informations sur ces entrevues ou pour y participer, contacter Jane Gonçalves, conseillère à la recherche du secteur Sciences humaines et sociales du BRDV