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Sciences sociales et humaines; Sciences de la santé

Équipe de recherche et d’action en santé mentale et culture

Autre structure de recherche affiliée
École de travail social
Autre numéro : 514 343-6111 #3737 (Information)
Autre courriel : erasme@rrasmq.com (Autre courriel)

Portrait

À propos

ÉRASME s'est constitué, en 1992, par la rencontre de chercheurs et de milieux de pratique et compte actuellement 11 chercheurs (5 universités). Depuis 5 ans, ÉRASME a permis la réalisation de plus de 35 projets qui ont contribué à fonder de nouvelles pratiques et à agir sur le plan politique. L'équipe a élaboré des stratégies rigoureuses de travail collectif permettant  d'associer les cultures communautaires et universitaires par la mise en commun des résultats de recherches ré-analysés à partir de nos questionnements de fond (méta-analyse). Nos travaux ont donné lieu à de multiples activités de transfert / valorisation et ont généré des nouveaux partenariats de recherche et d'action avec de nombreux acteurs du secteur public et communautaire. Plus d'une centaine d'étudiants et d'assistants de recherche ont été associés aux travaux de l'équipe.

Affiliations

Organismes partenaires

  • Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
  • Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec
  • Alliance internationale de recherche universités-communautés Santé mentale et citoyenneté (ARUCI-SMC)
  • Organisation des jeunes de Parc-Extension (PEYO)

Adresses

Localisation sur le campus UdeM

Pavillon Lionel-Groulx, local C7102

Équipe

Responsables

À l’Université de Montréal

Membres

À l’Université de Montréal

Expertise

Description de l’expertise

L’Équipe de recherche et d’action en santé mentale et culture s’est donnée plusieurs objectifs :

  1. Enrichir les pratiques alternatives et communautaires en santé mentale à partir d’une meilleure connaissance des dynamiques communautaires et du point de vue des personnes qui fréquentent les ressources.
  2. Mieux connaître les pratiques alternatives et communautaires en santé mentale développées par les différentes communautés culturelles qui constituent la société québécoise, incluant la communauté francophone et tout particulièrement les pratiques développées par les ressources alternatives membres du RRASMQ.
  3. Contribuer à enrichir les débats contemporains en matière de pluralisme et du repartage des rôles entre l’État, les institutions, les groupes communautaires et les communautés.
  4. Partager les expériences respectives en matière d’expérimentation de modèles de pratiques alternatives et créer des nouvelles méthodes de recherche et d’évaluation des pratiques respectueuses des philosophies communautaire et alternative.

Axes de recherche

Dynamiques d’exclusion et de « reconstruction »

La notion de souffrance sociale. La méta-analyse en cours confirme la pertinence de la notion de souffrance sociale comme outil de renouvellement des pratiques. D’une part, cette notion, développée entre autres par Kleinman et col. (1997), transcende les distinctions établies entre des problèmes relevant de causalités diverses immédiates et vise à saisir globalement les conséquences humaines des contraintes macrosociales. Elle introduit une dimension éthique dans la réflexion et l’action, pose une obligation de réponse et de parole publiques (Singleton 1994; Blais,2004, 2002).  Le fait de parler de souffrance attire l’attention sur deux aspects majeurs: celui de la façon dont la souffrance altère aussi bien le rapport à soi, à autrui qu’au lien social; et celui de « l’agir et du pâtir » du fait que la souffrance peut diminuer la puissance d’agir (Ricoeur, 1994), tout comme elle peut susciter des forces de transformation qui s’enracinent dans des savoirs méconnus. Réappropriation de l’expérience et renouvellement des pratiques. D’autre part, la notion de souffrance sociale replace la question du sens des problèmes au coeur de l’intervention par rapport à des univers particuliers de significations et d’action. « Souffrance », est un mot peu employé dans les politiques, programmes et pratiques où le langage se veut plus objectif. Or la souffrance non nommée, parce que ne cadrant pas avec les modèles d’intervention, n’a pas d’existence, ce qui est une façon de perpétuer la violence qui la sous-tend. Pour les chercheurs la question qui se pose est de savoir comment donner une voix à la souffrance sans tomber dans la mise en spectacle de personnes perçues comme dépendantes et victimes passives (Zola,1992). Ce qui est proposé ici consiste plutôt à étudier les processus de réappropriation de l’expérience qui permettent d’une part de réaffirmer la position de sujet et, d’autre part, de faire ressortir les stratégies à travers lesquelles les personnes et les groupes donnent sens à leur souffrance et y répondent et d’en dégager des perspectives pour l’intervention.

Nouvelles pratiques de citoyenneté et démocratie

Questionner et élargir le concept de citoyenneté. Il s’agit de penser la citoyenneté à la fois à partir de la perspective des personnes et des groupes exclus et à partir de leurs stratégies pour recouvrer leurs capacités de (re)devenir sujets individuels et collectifs, à partir donc d'un travail complexe et souvent paradoxal pour comprendre ce qui arrive et s’en distancer (Touraine, 1998). Ce procès de subjectivation, au cœur de la démarche citoyenne, implique, sous l’angle politique, un déplacement à partir du lieu assigné par les savoirs experts ou les institutions; il « fait voir ce qui n’avait pas lieu d’être vu, fait entendre comme discours ce qui n’était entendu que comme bruit » (Rancière, 1995). Si la citoyenneté est  devenue une notion omniprésente dans les débats publics, politiques, intellectuels et scientifiques, ce peut être en raison de la croissance ou la perdurance des inégalités et des exclusions; des multiples diversités qui traversent nos sociétés en mutation (ethnoculturelles, idéologiques, politiques, sociales); du « déficit démocratique »; de la difficulté à retrouver le sens de la responsabilité à l’égard du monde commun. Ainsi, il y aurait affirmation et extension récentes du terme de citoyenneté «comme une manière de reprendre la question du « vivre ensemble», de répondre aux dysfonctionnements de nos structures politiques, économiques, sociales et culturelles. » (Audigier,1998).  Plusieurs auteurs, (Boismenu et al.,1996; Hassenteufel, 1997; McAll, 1995) ont exploré les entraves à l’agir citoyen qui génèrent disqualification et désaffiliation (Paugam, 1996; Castel, 1995).

Or, il nous apparaît que s’interroger sur la citoyenneté ne peut plus se faire sur le mode de l’unicité et de l’indivisibilité d’une citoyenneté fondée traditionnellement sur le modèle de l’individu abstrait, universel détenteur de la raison, de l’indépendance et de l’autonomie ou sur une logique nationale, étatique. En dépit de la place qu’elles faisaient à la citoyenneté, les premières démocraties occidentales ont pu s’accommoder de l’exclusion des femmes, des étrangers, des personnes appauvries, et d’autres catégories de personnes mises à l’écart du politique, dont les personnes atteintes de troubles mentaux (Pateman, 1988, Phillips, 1991, Scott, 1998, Marquez-Pereira, 2003; Lamoureux, D., 1997, 2002). Outre le fait qu’il faille analyser les effets délétères du non-accès de ces catégories de personnes au statut de citoyen à part entière, à des libertés fondamentales et à des droits inaliénables, deux enjeux s’imposent : d'abord, faire une place dans la citoyenneté aux laissés pour compte; ensuite, «donner lieu à du nouveau» (Collin 1992) d’où la redéfinition de la citoyenneté « elle-même » et de « l’espace politique et social ». Ainsi, un double regard sur les agir collectifs est nécessaire: l’un qui loge la légitimité du politique dans le politique institutionnel et l’autre qui le place dans l’espace public social politique (Maheu, 1991).

Élargir le concept de démocratie

À un autre niveau plus proche des trajectoires individuelles et de groupes, Young (2000) en appelle à un modèle communicationnel d’inclusion démocratique capable d’intégrer la différence. Il s’agit d’explorer la pluralité des stratégies, voies et institutions dans lesquelles les personnes et les groupes s’engagent pour devenir visibles et audibles dans l’espace public, comme la reconnaissance (Taylor, 1992) et la prise en compte d’autres modes de discours que ceux découlant de la stricte rationalité argumentative. Plusieurs groupes subordonnés ont en effet des façons originales d’apparaître et de se faire valoir sur la place publique. Young (2000) propose ainsi un autre mode de participation à la démocratie délibérative (narration, récits de vie, histoires, témoignages) qui permet de  démontrer, d’expliciter, d’explorer d’autres perspectives afin de sensibiliser et convaincre. Ce sont des « savoirs situés » facilitant la compréhension de l’ancrage historique, de la souffrance sociale et des espérances. Ces perspectives permettent de trouver les « mots pour le dire », de faciliter les regroupements d’affinités, de dévoiler d’autres systèmes de signes, de sens et d’action; de pluraliser les discours hégémoniques et de favoriser l’atteinte, selon l’expression de Kant reprise par Arendt, d’une « pensée élargie », imbibée par les expériences situées, les « perspectives »  plurielles incontournables dans une société où dominent des inégalités structurelles graves et l’hétérogénéité socioculturelle.

Projets et financement

Publications et communications

Publications

Les publications issues du partenariat entre ÉRASME et le RRASMQ

PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES

CORIN, Ellen (2002), « Se rétablir après une crise psychotique : ouvrir une voie ? Retrouver sa voix ? », dans la revue Santé mentale au Québec, Vol. XXVII, no.1, pp. 65-82.

CORIN, Ellen (2000), « Le paysage de l’alternatif dans le champ des thérapies », dans la revue Santé mentale au Québec / RRASMQ, numéro spécial, pp. 11-30.

CORIN, Ellen, RODRIGUEZ, Lourdes, GUAY, Lorraine (1996), « Les figures de l’aliénation : un regard alternatif sur l’appropriation du pouvoir », dans la Revue canadienne de santé mentale communautaire, Vol. 15, no. 2, pp. 45-67.

GUAY, Lorraine, RODRIGUEZ, Lourdes (1996), « Durant la dernière décennie en santé mentale... Aurions-nous donc tourné en rond? », dans Revue Santé mentale au Québec, Cahier souvenir, 20 ans de Santé mentale au Québec, regards critiques des acteurs et des collaborateurs,pp.46-53.

LAMOUREUX, Jocelyne (2001), « Marges et citoyenneté », dans Sociologie et Sociétés, Vol.32,no.2,pp.29-47.

RODRIGUEZ, Lourdes, CORIN, Ellen, POIREL, Marie-Laurence et DROLET, Marie (2002), « Les figures de l’intégration des services et des pratiques. L’épreuve de l’expérience », Santé mentale au Québec, Vol. XXVII, no. 2, pp. 154-179.

RODRIGUEZ, Lourdes, CORIN, Ellen, et POIREL, Marie-Laurence (2002), « Le point de vue des utilisateurs sur l’emploi de la médication en psychiatrie: une voix ignorée », dans Revue québécoise de psychologie, Vol. 22, no. 2, pp. 201-223.

RODRIGUEZ, Lourdes (2001), « Enjeux et paradoxes de l’évaluation dans le champ de la santé et des services sociaux », dans Cahiers de recherche sociologique, no.35, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal.

RODRIGUEZ, Lourdes, CORIN, Ellen et GUAY, Lorraine (2000), « Le traitement alternatif: se (re)mettre en mouvement », dans la revue Santé mentale au Québec / RRASMQ, numéro spécial, pp. 49-94.

RODRIGUEZ, Lourdes (2000), « Espaces et pratiques d’exclusion et de soutien face à l’expérience psychotique », dans Cahiers d’anthropologie, no. 3, Université de Montréal.

RODRIGUEZ, Lourdes (2000), « Le corps et ses mirages. Récits et parcours des femmes à travers la folie et sa psychiatrisation » dans Du corps des femmes. Contrôles, surveillances et résistances, sous la direction de Sylvie Frigon et Michèle Kérisit, collection « Études des femmes », Les Presses de l'Université d'Ottawa.

RODRIGUEZ, Lourdes (1999), « Salud mental y rehabilitación: la dinámica de diversificación y homogeneización de organizaciones, discursos y prácticas », dans VERTEX, Revista Argentina de Psiquiatria, aut. 1999.

AUTRES TEXTES DE RECHERCHE ET PUBLICATIONS

RODRIGUEZ, Lourdes, CORIN, Ellen et GUAY, Lorraine (2001), « Évaluer les pratiques dès l’intérieur: le changement du point de vue des usager-ère-s », dans la Revue de l’Association canadienne de la santé mentale-Montréal, section recherche.

RODRIGUEZ, Lourdes et POIREL, Marie-Laurence (2001), La Gestion autonome de la médication: pour une contribution au renouvellement des pratiques en santé mentale, Rapport de recherche, en collaboration avec le RRASMQ, et l’AGIDD-SMQ.

RODRIGUEZ, Lourdes (1997), « L’appropriation du pouvoir du point de vue des usagers et usagères des services en santé mentale », dans Vivre en santé mentale dans la communauté: une responsabilité à partager, Actes du Colloque de l’Association canadienne pour la santé mentale, filiale de Montréal.

RODRIGUEZ, Lourdes (1993), « Le RRASMQ et le projet Les pratiques alternatives et communautaires en santé mentale dans un Québec pluriethnique », dans L'Entonnoir, revue du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec, Vol. 10, nos2-3,juin.

RODRIGUEZ, Lourdes et GUAY, Lorraine (1996), « L'évaluation, pourquoi? Renouvellement des systèmes: système public et système communautaire », dans Évaluer, pourquoi?, Gouvernement du Québec, ministère de la Santé et des Services sociaux, Conseil québécois de la recherche sociale, Québec.

TEXTES ACCESSIBLES EN FORMAT PDF

Nouveautés

REPENSER LA QUALITÉ DES SERVICES EN SANTÉ MENTALE DANS LA COMMUNAUTÉ
par Lourdes Rodriguez, Linda Bourgeois, Yves Landry, Jean-Luc Pinard et Lorraine Guay 
Presses de L'Université du Québec, 2006.

Disciplines

  • Service social et travail social
  • Sociologie

Champ d’expertise

  • Culture et santé
  • Santé mentale et société
  • Santé communautaire / santé publique
  • Politiques de l'État
  • Institutions gouvernementales
  • Philosophies et idéologies